Un discours raciste de P. Botha

Discours raciste prononcé en 1985 par l’ancien président d’Afrique du Sud, Peter W. Botha

Ce texte est un discours prononcé par l’ancien président d’Afrique du Sud P.. W. Botha devant son Cabinet. Nous avons tenu sa réimpression de David G. Mailu pour le Sunday Times, un journal sud-africain, datée du 18 août 1985.

« Pretoria a été bâti par l’esprit blanc pour l’homme blanc. Nous ne sommes pas obligés, pas le moins du monde de prouver à qui que ce soit et surtout pas aux Noirs que nous sommes des gens de qualité supérieure. Nous l’avons déjà démontré aux Noirs par mille et une façons. La République d’Afrique du Sud que nous connaissons aujourd’hui n’a pas été créée par des vœux pieux. Nous l’avons créée, par la force de l’intelligence, de la sueur et de notre sang.

Est-ce les Afrikaners qui ont éliminé les Aborigènes d’Australie ? Est-ce les Afrikaners qui pratiquent la discrimination contre les Noirs et les appellent Nègres dans tous les États ? Est-ce les Afrikaners qui ont commencé la traite des esclaves ? Dans quel pays l’homme noir est-il apprécié ? L’Angleterre est discriminatoire à l’endroit de ses noirs et aux USA la loi est encore impitoyable pour les Noirs. Au Canada, France, Russie, et le Japon pratiquent tous la discrimination contre les Noirs.

Pourquoi alors ce bruit infernal contre nous ? Pourquoi sont-ils biaisés contre nous ? J’essaie simplement de prouver à tous qu’il n’y a rien d’inhabituel dans ce que nous faisons que les autres mondes dits civilisés ne font pas. Nous sommes simplement un peuple honnête qui s’exprime à haute voix avec une philosophie claire de la façon dont nous voulons vivre notre propre vie d’homme blanc.

Nous ne prétendons pas comme les autres Blancs que nous aimons les Noirs. Le fait que les Noirs ressemblent à des êtres humains et peuvent agir comme des êtres humains ne prouve pas forcément qu’ils sont judicieusement des êtres humains.

Les porcs-épics et lézards sont-ils des crocodiles parce qu’ils se ressemblent ? Si Dieu voulait que l’homme blanc soit l’égal du Noir, il nous aurait tous créés de même couleur uniforme et avec le même intellect. Mais il nous a créés différemment : Blancs, Noirs, les Jaunes, gouvernants et les gouvernés.

Intellectuellement, nous sommes supérieurs aux Noirs et cela a été prouvé sans le moindre doute raisonnable au cours des années. Je crois que l’Afrikaner est honnête et ne craint personne pour démontrer en pratique la bonne façon d’être blanc. Il est néanmoins réconfortant de savoir que derrière la scène, en Europe, Amérique, Canada, Australie et tous les autres pays sont derrière nous, en dépit de ce qu’ils disent. Nous savons tous que ces pays doivent utiliser la langue diplomatique dans leurs relations avec nous.

Pour prouver mon point, Camarades, y a-t-il quelqu’un d’entre vous qui connait un pays blanc n’ayant pas d’investissement ou d’intérêt en Afrique du Sud ? Qui achète notre or ? Qui achète nos diamants ? Qui fait le commerce avec nous ? Qui nous aide à développer des armes nucléaires ? La vérité c’est que nous sommes leur peuple et ils sont notre peuple. C’est un grand secret.

Notre économie est soutenue par l’Amérique, la Grande-Bretagne et l’ Allemagne. C’est notre forte conviction, par conséquent, que le noir est la matière première pour l’homme blanc. Donc, Frères et Sœurs, Unissons-nous ensemble pour lutter contre ce Diable Noir.

Je lance un appel à tous les Afrikaners pour imaginer tous les moyens créatifs de la lutte contre cette guerre. Dieu ne peut certainement abandonner son propre peuple. A l’heure actuelle chacun de nous a vu pratiquement que les Noirs ne peuvent pas se gouverner. Donnez-leur des fusils et ils vont s’entretuer. Ils sont bons qu’à faire faire du bruit, danser, épouser plusieurs femmes et se livrer au sexe.

Reconnaissons tous que l’homme noir est le symbole de la pauvreté, l’infériorité mentale, la paresse et l’incompétence émotionnelle. N’est-il pas plausible dès lors que l’homme blanc est créé pour dominer le Noir ? Pensez à ce qui se passerait si un jour vous vous réveillé et un Kaffir est assis sur le trône ! Pouvez-vous imaginer ce qui arriverait à nos femmes ? Quelqu’un d’entre vous pensent que les Noirs sont capables de gouverner ce pays ?

Par conséquent, nous avons de bonnes raisons de laisser tous les Mandela-pourrir en prison, et je pense que nous devrions être félicité pour les avoir maintenus en vie, en dépit de tout ce que nous avons sous la main pour les exterminer. Je tiens à annoncer un certain nombre de nouvelles stratégies qui devraient être mises à profit pour détruire cet insecte Noir. Nous devons maintenant faire usage de l’arme chimique.

La priorité numéro un, nous ne devrions pas, par tous les moyens, permettre des augmentations de la population noire pour ne pas être étouffée très bientôt. J’ai des nouvelles passionnantes. Nos scientifiques sont venus avec une méthode efficace. Je l’envoie davantage de chercheurs sur le terrain pour identifier les lieux où les armes chimiques pourraient être employées pour lutter contre toute augmentation de population noire.

L’hôpital est une opportunité très stratégique et devrait être pleinement utilisé. Les chaînes d’approvisionnement alimentaire devraient également être utilisées. Nous avons d’excellents poisons bien développés pour organiser comme d’assassinat lent pouvant réduire la fécondité des personnes noires.

Notre seule crainte est qu’ils mettent la main sur ces poisons avant nous et commencent à les utiliser contre nous si l’on tient compte de nombreux Noirs qui travaillent pour nous dans nos belles villas. Toutefois, nous pouvons pour nous assurer que cette substance restera strictement entre nos mains.

Deuxièmement, les Noirs sont les plus réceptifs aux arguments de l’argent. J’ai mis de côté un fonds spécial pour exploiter ce moyen. Le vieux truc de diviser pour mieux régner est encore très valable aujourd’hui. Nos experts doivent travailler jour et nuit sur le décor de l’homme noir contre son semblable. Son sens inférieur de la morale pourrait être exploité admirablement.

Et voici une créature qui manque de prévoyance. Il y a une nécessité pour nous de le combattre dans les projections à long terme qu’il ne peut pas soupçonner. Le Noir moyen n’envisage pas sa vie au-delà d’un an : cette position, par exemple, devrait être exploitée. Mon département spécial travaille déjà autour de l’horloge pour sortir avec un modèle à long terme.

Je fais aussi une demande spéciale à toutes les mères Afrikaners à doubler leur taux de natalité. Il serait également nécessaire de créer un secteur en plein boom en mettant en place des centres où nous emploierons et soutiendrons pleinement des jeunes hommes et femmes blancs à produire des enfants pour la nation. Nous étudions également le mérite de location de l’utérus comme un moyen possible d’accélérer la croissance de notre population grâce à des mères porteuses.

Pour le temps présent nous devons nous assurer que les hommes noirs soient séparés de leurs femmes et imposer des impôts sur le mariage et sur  la naissance des enfants sans-pères. J’ai un comité de travail sur la recherche de meilleures méthodes d’inciter les Noirs les uns contre les autres et encourager les meurtres entre eux. Les Assassinats des Noirs doivent être encouragés.

Nos scientifiques ont mis au point un médicament qui pourrait être introduit clandestinement dans la bière avec effet d’empoisonnement lent et la destruction de la fécondité. Par l’intermédiaire de boissons et la fabrication de boissons gazeuses adaptés aux Noirs, nous pourrions promouvoir la réduction de leur population.

La nôtre n’est pas une guerre ou la bombe atomique servirait a détruire les Noirs, donc nous devons utiliser notre intelligence. La guerre ou on l’on confronte personne serait plus efficace.

Comme les dossiers montrent que l’homme noir meurt d’envie de coucher avec la femme blanche serait notre chance unique. Notre Bataillon des Mercenaires du Sexe devrait contenir des combattantes de l’apartheid spécialisées dans les opérations d’usage des poisons à effet lent visant la mise à mort des Noirs qui coucheraient avec nos mercenaires blanches. Nous devons également introduire des mercenaires blancs qui devraient aller pour coucher avec les femmes des militants noirs et toute autre vulnérable femme noire. Nous avons reçu une nouvelle offre de prostituées en provenance d’Europe et d’Amérique qui sont désespérés et trop désireux de prendre le rendez-vous.

Mon dernier appel est que le fonctionnement des maternités devrait être intensifié. Nous ne payons pas ces gens pour aider à apporter des bébés noirs dans ce monde mais plutôt pour les assassiner, les abolir au moment de la delivraison. Si ce ministère travaillait de manière efficace, beaucoup de choses pourraient être réalisées.

Mon gouvernement a mis de côté un fonds spécial pour l’érection de plusieurs hôpitaux et des cliniques clandestines pour promouvoir ce programme. Si l’argent ne peut rien faire pour nous, a quoi nous sert-il ? Dans l’intervalle, mes bien-aimés citoyens blancs, ne prenez pas à cœur ce que dit le monde, et n’ayez pas honte d’être appelé racistes. Je veux bien être surnommé l’architecte et le Roi de l’Apartheid. Je ne vais pas devenir un singe tout simplement parce que quelqu’un m’a appelé un singe. Je vais rester votre étoile brillante … Son Excellence M. Botha. « 

Ce discours de Mr. Botha circule sur le net en version Anglaise et Française et quiconque en prend connaissance devrait en faire copie et distribuer à tant d’autres Africains. Certaines des choses qu’il contient ne sont pas seulement de l’imagination d’un vieux crocodile.

Visa ou fuite ?

Chers frères et sœurs Africains, en prenant ma plume pour écrire, je n’ignore pas les différences qui vont découler de cet article; mis mon objectif et de réveiller peut-être une seule personne sur l’avenir de l’homme noir.

Depuis de siècle nous pleurons, nous sommes maltraités, ignoré, disgracier, discriminés et autres… Je crois que nous devons nous poser certaines questions comme « pourquoi ou quel est le pourquoi de la réalité« .

Est-ce que l’immigration ou la fuite de nos situation chaotique d’Afrique est une solution ou est-ce qu’en abandonnant nos pays  cela va résoudre le problème de l’homme noir africain  ?

Nous le savons tous qu’à 99% d’africains qui demande un VISA, quelque soi le but poursuivi en occident, a en lui une portion ou un doute d’une éventuelle retour à son pays d’origine; le 1% qui reste renferme les personnes un peu stable au pays (politiciens, commerçant, business man etc).

Est-ce une solution quant nos intellectuels préfèrent rester en occident en lieu et place de retourner aider nos pays ?

Immigration africaine

Immigration africaine : Pourquoi quittent-ils leur pays ?

Les difficultés qu’ils rencontrent dans leur pays poussent des milliers de jeunes Africains à préférer l’exode, même clandestin.

L’immigration n’est pas un phénomène nouveau

Des mouvements migratoires ont toujours existé entre les pays sahéliens et le Maghreb en général ; mais il s’agissait surtout de Maliens, de Nigériens et de Tchadiens, qui s’y rendaient pour des travaux saisonniers, et parfois, pour s’y installer. Mais aujourd’hui, le but a changé : il s’agit d’aller plus loin… en Europe. Le système des visas pour accéder aux pays européens, la difficulté pour les obtenir, et la création de l’espace Schengen, ont contribué au développement de filières migratoires clandestines, surtout en Algérie et au Maroc. Elles sont désormais, pour les candidats à l’émigration, la seule possibilité de réaliser leur projet.

Certes, l’accès en France des ressortissants de l’Afrique Noire relève des conventions de libre circulation des personnes, signées entre la France et la plupart des pays d’Afrique noire, peu après les indépendances. Mais les choses ont changé, et « l’immigration choisie » est loin de répondre aux attentes de tous ceux qui veulent partir.

Le problème aujourd’hui

Dans ces dernières années, l‘océan Atlantique est devenu le cimetière de milliers d’émigrants africains inconnus qui s’y noient en tentant de gagner les Canaries à partir de la Mauritanie. Pour environ mille euros chacun, gagnés dans l’économie souterraine à Nouakchott ou à Nouadhibou, les clandestins venus de divers pays d’Afrique noire se lancent dans la traversée, entassés à 40 ou 50 et parfois 70 sur des barques de pêche relativement robustes. Une panne de moteur ou une trop grosse vague seront souvent mortelles. Ils risquent tout pour ce voyage, et ils savent que leur futur ne sera pas aisé. Certains y laisseront leur vie, d’autres seront renvoyés chez eux et d’autres encore, qui atteindront leur destination, savent que leur existence n’y sera pas forcément plus facile. Mais les difficultés qu’ils rencontrent dans leur pays poussent des milliers de jeunes Africains à préférer l’exode, même clandestin.

Pourquoi veulent-ils quitter leur pays ?

Pourquoi un tel afflux d’immigrés vers l’Occident ? Pourquoi ces gens prennent-ils des risques frôlant le suicide ? Pourquoi ? Ils se retrouvent face à un choix difficile : « Avancer, c’est mourir ; reculer, c’est mourir. Alors, mieux vaut avancer et mourir. »

Pourquoi quittent-ils alors leurs pays ? Aucun homme ne quitte son pays pour le plaisir d’immigrer. « Mes oreilles résonnent encore d’un mot que prononçaient inlassablement les clandestins que j’ai côtoyés : le bonheur. Vouloir être heureux à tout prix, mettre sa vie en jeu et ne pas renoncer… Quelle que soit la difficulté. Quel que soit le temps qu’il faudra y consacrer. Un quitte ou double que nous n’osons plus regarder en face… » (Serge Daniel) « Nous sommes sortis de nos familles et de nos pays la rage au cœur avec l’envie de réussir… », affirme un jeune Camerounais. Pour lui, le chômage et la pauvreté constituent la principale cause de l’immigration, et le rêve et le mirage de l’eldorado occidental.

  • L’économie

Depuis la décolonisation, on voit l’accentuation du sous-développement. L’Afrique subsaharienne doit importer la majorité des produits industriels et de consommation dont elle a besoin. Ceux-ci ont des coûts de plus en plus élevés, en raison de la forte dévaluation de la plupart des monnaies. Aussi la dette extérieure augmente dangereusement. De plus, les cultures vivrières qui doivent alimenter les populations sont sacrifiées au bénéfice de cultures d’exportation, au nom de l’impératif du développement. Or, les pays du Sud n’ont aucune prise sur la fluctuation des cours de ces cultures qui sont fixés unilatéralement par les pays industriels occidentaux. Devant faire face à la faim, la population doit chercher un endroit où le manger ne fera pas partie de la préoccupation quotidienne. Une sorte de terre promise, pays du salut. Et cet endroit, c’est l’Occident.

  • La politique

La seconde cause de migration est bien sûr l’injustice sociale et la grande précarité. Depuis la fin de la guerre froide, les aides se sont effondrées à des niveaux jamais connus. L’Afrique ne joue plus son rôle de partenaire, et elle doit traiter à leurs conditions avec les grandes multinationales occidentales, et les institutions financières internationales. La lutte pour le pouvoir et l’accès aux richesses a ouvert des conflits intérieurs et extérieurs de plus en plus dévastateurs. Un Africain sur cinq vit une situation de guerre ; et la violence est en train de devenir le mode usuel des relations sociales entre cadets et aînés, riches et pauvres, ethnies et religions différentes.

  • Et tous les autres maux dont souffre l’Afrique sub-saharienne

Le sida qui continue ses ravages (en 2007, 22,5 millions de sub-sahariens vivent avec le VIH) ; la faim (200 millions d’Africains ont faim, car l’Afrique demeure le continent le plus touché par la faim et la malnutrition) ; l’eau (malgré des réserves d’eau douce qui sont parmi les plus importantes du monde, 450 millions d’Africains souffrent toujours du manque d’eau courante et potable) ; le chômage (les emplois sont rares et les salaires trop maigres).

Contre eux, une politique de refus

Bien des voix se lèvent pour dénoncer la victoire des partis d’extrême droite dans beaucoup de pays d’Europe et le renforcement des lois sur l’immigration. La xénophobie augmente, les immigrés sont montrés du doigt… Mais peut-on honnêtement accuser les immigrés d’être la cause du chômage, de l’insécurité, de l’insalubrité ?

On ne peut nier que l’immigration irrégulière constitue l’une des principales préoccupations des pouvoirs publics et des citoyens des pays industrialisés. Les moyens sont nombreux pour détourner la loi : entrée illégale dans les pays de destination, mariages blancs, dépassement des séjours autorisés, interprétation abusive du droit d’asile. On connaît aussi la difficulté à renvoyer les candidats non désirés.

Aussi tout est fait pour accroître le contrôle des frontières. Le 26 octobre 2004, l’Union Européenne crée Frontex (agence européenne pour gérer les frontières extérieures de l’Union Européenne). Certes, plus ces contrôles sont renforcés, plus il est difficile et risqué pour les clandestins de les franchir. Cela se traduit par plus de morts et de souffrances parmi ceux qui cherchent désespérément un avenir meilleur. Même ceux qui réussissent à passer ne sont pas pour autant sortis d’affaire. Ils sont souvent arrêtés et renvoyés dans leur pays, quand ils ne finissent pas dans des centres de rétention.

« Nous ne pouvons ignorer les véritables problèmes politiques que pose l’émigration, comme nous ne pouvons non plus perdre de vue les formidables perspectives qu’offre celle-ci aux émigrants, aux pays qu’ils quittent et ceux où ils se rendent. » (Kofi Annan, ancien Secrétaire général de l’ONU)

Et pourtant !

Il faut reconnaître que les migrations venant des pays du Sud sont d’abord une conséquence de la surexploitation des écosystèmes et d’une main-d’œuvre pauvre, insuffisamment protégée et non organisée. Piller les ressources naturelles d’une population, abuser de sa faiblesse pour lui faire extraire des minerais, cultiver des denrées alimentaires à vil prix, c’est exercer contre elle une véritable violence économique.

Chez nous, miser essentiellement sur « la sécurité » favorise le travail au noir et la clandestinité. Et ces clandestins, dont la fragilité fait l’affaire des trafiquants, sont évidemment perçus comme une concurrence déloyale par les travailleurs européens les plus exposés. C’est pour cette raison que l’économie souterraine doit être régularisée, comme les travailleurs sans papiers, afin de ramener l’argent noir vers les cotisations sociales. Et alimenter ainsi la solidarité, plutôt que les peurs et la répression.

Car cela nous regarde tous… L’Europe va perdre 66 millions d’actifs d’ici 40 ans. Et parce que sa population est vieillissante, elle ne pourra remédier à son déclin qu’en recourant à l’immigration.
C’est là une chance pour les populations des pays d’émigration, qui pourraient profiter de cette opportunité pour se développer et mieux se faire respecter. Enfin, parce que le métissage culturel est une richesse, les migrations doivent aussi être considérées comme une chance à saisir.

Quelles solutions ?

Si même le risque de mort ne dissuade pas les clandestins, comment agir ? La prison ? Ils s’en moquent. Le renvoi dans leur pays ? Ça coûte cher et ils reviennent. Surveiller les frontières, encore plus ? Coût trop élevé et impossible mission… Alors que faire ?

Il nous faut d’abord prendre davantage conscience des nombreuses difficultés que les migrants rencontrent au quotidien, bien qu’elles ne soient pas forcément les mêmes pour tous au même titre : une grande précarité au plan matériel (nourriture, entretien personnel, logement) et des difficultés d’accès aux soins ; peu et parfois pas du tout de travail, et un travail mal rémunéré ; l’attitude inamicale d’une bonne partie de la population locale ; un sentiment d’abandon et d’isolement, du fait qu’ils sont des clandestins ; souvent l’abus de pouvoir de la part des forces de l’ordre ; des conditions de refoulement très dures, voire inhumaines. Et tout cela est encore plus lourd pour les femmes et les enfants.

Il est certain que la plupart des migrants préféreraient rester dans leur pays d’origine, parce qu’ils y ont leur famille, leur culture, leurs racines. Il est donc urgent d’aider au développement des droits humains, de la démocratie, du syndicalisme et de la protection de l’environnement dans les pays africains. Mais il est vrai que les Occidentaux doivent aussi aider à créer de l’emploi chez eux, en investissant dans l’industrie, le textile, l’agriculture, la pêche, l’élevage… Réduire la pauvreté en Afrique est le moyen le plus efficace pour lutter contre l’immigration clandestine.

Les États d’Afrique doivent cesser d’agir comme dans les années de prospérité où l’Europe, en plein boom industriel et immobilier, avait besoin d’une main-d’œuvre africaine bon marché. Les temps ont changé, l’économie moderne emploie peu de travailleurs, et les syndicats européens eux-mêmes en sont les premières victimes.

Pour conclure

On peut reprendre les paroles de la Ligue des Droits de l’Homme :

« Migrer, quitter son pays, quel qu’en soit le motif, est toujours un choix douloureux, mais un choix dont le droit est inscrit dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme à l’article 13. Migrer est un choix personnel, aucune mesure étatique dans un monde où existe la liberté de circulation des marchandises, des services et des capitaux, ne pourra empêcher les personnes de circuler. S’il est légitime que les États contrôlent les entrées et les sorties à leurs frontières, il n’est pas légitime que les États considèrent les personnes qui se présentent à leurs frontières comme des criminels.

Les femmes et les hommes qui veulent venir en Europe ont le droit d’être accueillis, de faire valoir les raisons de leur venue. Faire croire aux citoyens européens que des mesures de contrôle aux frontières et bien au delà des frontières « protégeraient » l’Europe de l’immigration, que des morts en Méditerranée et ailleurs en seraient le prix à payer est un mythe dangereux, quand l’Union européenne évalue elle-même son solde migratoire à plus d’un million de personnes. »

Des hommes ont faim. Rien ne les empêchera d’aller dans les pays où ils pensent qu’on ne connaît ni la faim ni l’arbitraire. L’Afrique doit en tirer ses leçons.

L’Afrique est un continent si riche en ressources humaines ainsi que naturelles ; pourquoi donc refuser la liberté économique aux Africains ? « Nous sommes une génération qui croyons que le présent, c’était hier et aujourd’hui nous sommes déjà en retard. L’avenir nous appartient ! À nous de le posséder… »

Politique africaine

Analyser les enjeux de l’économie et de la politique africaine. L’économie et la politique africaine sont des domaines en pleine mutation à l’analyse complexe. Grâce à ses articles aux signatures prestigieuses, la revue Géopolitique Africaine est l’instrument privilégié de votre réflexion sur les enjeux et le développement du continent africain.

La géopolitique africaine s’intéresse à la stratégie de la nouvelle politique africaine et aux relations internationales entre les États-Unis, la Chine ou la France et les différentes régions du continent africain comme l’Afrique subsaharienne, noire et du nord. Politique africaine

Démêler les vrais du faux

Les Noirs et leurs cheveux : démêler le vrai du faux

De l’esclavage au colonialisme, en passant par les lycées d’Afrique du Sud, la coiffure des Noirs est scrutée, critiquée, disciplinée. Une question moins superficielle qu’il n’y paraît.

« Tes cheveux ressemblent à des poils pubiens. » Voilà une des premières insultes que j’ai entendues à propos de mes cheveux, proférée par une étudiante en première année avec qui j’étais à la fac. Elle ne cessait de me harceler en touchant mes cheveux et en répétant cette phrase à qui voulait l’entendre. J’ai été obligée de la menacer physiquement pour qu’elle arrête de toucher mes cheveux et de les comparer à des poils pubiens.

C’est un dilemme très courant pour les Noirs, dès le plus jeune âge : est-ce que je laisse les gens toucher mes cheveux ? Et dans quelles conditions ? La question « Je peux toucher ? » devient assez rapidement synonyme de situations socialement gênantes, qui peuvent briser une relation amicale avant même qu’elle ait eu le temps de commencer.

Le destin de l’afro

La question de la texture des cheveux des Noirs (de grâce, ne dites pas « ethniques ») ne date pas d’hier. Au temps de l’esclavage, les femmes blanches coupaient souvent les cheveux de leurs esclaves femmes, sous prétexte que cela « troublait l’homme blanc ».

Aujourd’hui, les femmes noires aux cheveux afro naturels – c’est-à-dire non traités avec des produits chimiques – sont tout ce qu’il y a de plus désirable, contrairement aux idées reçues. Voyez par exemple l’immense popularité de l’actrice Lupita Nyong’o, une femme noire qui assume son afro.

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Il ne s’agit pas là d’une simple tendance, d’un banal effet de mode : les cheveux des femmes noires ont toujours fasciné les artistes et les photographes ; leur chevelure est symboliquement liée à des mouvements politiques radicaux, comme les Black Panthers ou le « Mouvement de conscience noire » en Afrique du Sud. Il semble donc pour le moins paradoxal que l’on demande aux jeunes femmes du lycée de Pretoria de « discipliner » leurs cheveux en les lissant.

Entre peur et désir

En réalité, il n’y a rien là de contradictoire, tant le désir et la peur se nourrissent l’un l’autre. Dans le documentaire produit par Chris Rock, qui en est aussi la voix off, Good Hair, le comédien Paul Mooney le dit tout de go : « Si tes cheveux sont lisses, les blancs restent « peace ». Mais si tu gardes ton afro, pour eux c’est trop affreux » (« If your hair is relaxed, white people are relaxed. If your hair is nappy, they are not happy »).

Il y a dans cette petite phrase bien plus qu’un trait d’esprit. Mooney souligne en réalité le fait que l’afro est inévitablement associée à une notion qui, selon lui, semble sans cesse échapper aux blancs : le bonheur. Car lorsque vous gardez vos cheveux naturels, vous êtes libre ; vos cheveux sont sauvages ; vous pouvez arborer une nouvelle coiffure tous les jours ; vous rayonnez ; vous êtes majestueux. Autant de choses qui sont hors de portée de la plupart des gens, ce qui les rend malheureux.

L’afro pose aussi la question du conformisme. Le choix de laisser ses cheveux « en liberté », de ne pas les peigner, revient à les laisser exprimer leur personnalité plutôt que de ressembler à toutes les autres tignasses. Cela peut aussi frustrer certaines personnes.

Je généralise volontairement, je ne parle pas que des blancs, car les préjugés au sujet des cheveux des Noirs sont également diffusés par les Noirs eux-mêmes. En réalité, je dirais que la plupart des blancs ne savent rien du tout au sujet des cheveux des Noirs, et qu’ils tiennent la plupart de leurs idées reçues des Noirs eux-mêmes.

Une histoire de mythes

Il faut mettre au jour deux préjugés principaux pour comprendre ce qui peut motiver la directrice du lycée pour filles de Pretoria quand elle cherche à discipliner les cheveux des filles.

Le premier préjugé, c’est que la coupe afro est « sale ». Le deuxième, c’est que les cheveux des Noirs poussent trop vite ou ne poussent pas du tout (d’où cette obsession pour la longueur des cheveux, les extensions, les dreadlocks).

Beaucoup de femmes et d’hommes noirs qui portent des tresses et lissent leurs cheveux expliquent leur choix en disant que leurs cheveux sont « ingérables » ou que leurs cheveux sont « sales » au naturel. Certains vont même jusqu’à avancer une preuve sous forme d’anecdote : quand Bob Marley est mort, on aurait retrouvé 47 types de poux différents dans ses cheveux. Ce sont là des légendes urbaines de la pire espèce, qui perpétuent l’idée selon laquelle seuls les cheveux des Noirs attirent les poux ou autres vermines, ce qui est une aberration scientifique.

Ce mythe trouve son origine dans les images de ceux que les soldats britanniques appelaient péjorativement les « fuzzy-wuzzy », des insurgés de la guerre du Soudan qui défendaient le Mahdi. C’est cette guerre (1881 – 1899) qui a popularisé l’image de la coupe « afro sauvage » que les gens associent systématiquement aux cheveux des Noirs. C’est une image trompeuse, qui laisse entendre que les soldats soudanais ne se coiffaient pas et ne se lavaient pas les cheveux, dans la mesure où sur les images, ils ont souvent l’air hirsutes. C’est pourtant tout le contraire. Sur tout le continent africain, les techniques de coiffage sont aussi variées que les coiffures qu’elles permettent de réaliser.

La coupe « afro » ne représente pas du tout la coupe standard de l’Africain. C’est juste une des centaines de façons d’entretenir des cheveux crépus. Par ailleurs, quand un(e) Noir(e) décide de se faire des dreadlocks (des tresses « rasta »), pas besoin de salir ses cheveux pour que les mèches s’agglomèrent. Quand les cheveux ne sont ni peignés ni brossés, les dreadlocks se forment toutes seules, et ce, sur tous les types de cheveux.

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L’association des dreadlocks et de la saleté vient en partie des Caraïbes, où est né le mouvement rastafari. Mais là aussi, on a fait un raccourci : on croit que les dreadlocks viennent des Rastas. Or, les rastafariens se sont inspirés de l’Afrique pour leurs dreadlocks. Plus précisément, le concept des cheveux emmêlés est arrivé dans les Caraïbes par le biais d’images de soldats éthiopiens qui combattaient l’invasion italienne, qui débuta en 1935. Ils firent le vœu – prenant exemple sur Samson, dans la Bible – de ne plus se couper les cheveux jusqu’à ce que leur pays soit libéré et leur empereur (Ras Tafari Makonnen, appelé aussi Haile Selasssie) revenu d’exil.

Avant la guerre, les élites éthiopiennes arboraient des afros très soignées. La seule conclusion que nous puissions tirer de ce coup d’œil dans le rétroviseur, c’est qu’il n’y a que pendant la guerre ou sous le joug colonialiste que les Noirs étaient mal coiffés. En temps de paix, les coiffeurs et les barbiers faisaient leur boulot et leurs cheveux étaient superbes.

Discipliner les cheveux des Noirs

Les mythes autour de la longueur des cheveux des Noirs sont aussi nombreux que les mythes sur leur supposée « saleté ». Ce préjugé vient en fait d’un problème de mesure. Les cheveux africains sont crépus au naturel ; pour mesurer leur longueur, il faudrait les « dérouler ». C’est pourquoi toutes les règles et autres limitations au sujet de leur longueur sont dénuées de sens.

Comment connaître – sans les dérouler – la longueur des cheveux d’un(e) Noir(e) ? Chez telle personne, les cheveux auront l’air courts à cause d’une coiffure qui réduit le volume apparent, tandis que chez telle autre, les cheveux sembleront très longs – là encore, une illusion due à sa coiffure.

L’idée que les cheveux des Noirs devraient être coupés ou disciplinés, portés à une certaine longueur, est en réalité une preuve d’ignorance crasse. Les cheveux des Noirs ne poussent pas de la même façon en fonction des personnes.

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Le lycée pour filles de Pretoria n’est pas la première institution à tenter de discipliner les cheveux des Noirs. Dans un article paru dans le New York Times, intitulé « Quand les cheveux des Noirs sont hors-la-loi », Ayana Byrd et Lori L. Tharps – auteures de Hair Story : Untangling the Roots of Black Hair in America – ripostaient à la parution de règles dans l’armée américaine visant à réguler la coiffure des soldats. Ces règles interdisaient les tresses multiples, les cheveux emmêlés et les torsades – autant de références aux cheveux africains naturels et aux coupes de cheveux que les Noirs aiment porter.

Quel « sens commun » ?

Les institutions conservatrices – écoles, armées, corporations, etc. – ont évidemment le droit de prescrire un code vestimentaire. Cependant, ce code ne devrait pas s’appuyer sur des connaissances partielles. Ce genre d’institution ne peut pas se fier au « sens commun » pour fixer de telles règles, mais devrait plutôt s’interroger sur le sens de ces interdictions en se référant à la culture et à l’histoire.

Car quand il est question des cheveux des Noirs, le sens commun n’a aucune valeur : les Noirs eux-mêmes ne cessent de changer d’avis au sujet de ce qu’ils ont envie de faire de leurs cheveux. En véritable expression de notre culture, nos cheveux sont aussi malléables et flexibles que nos idées et nos inspirations esthétiques.

Essayer de fixer ce mode d’expression, de lui imposer des règles, c’est renier aux Noirs ce que l’historien sénégalais Cheikh Anta Diop nommait notre « conscience prométhéenne ». En tant que Noirs, nos cheveux expriment les possibilités infinies qui émanent de cette conscience créative et audacieuse.

Histoire de l’Afrique noir

L’histoire de l’Afrique désigne l’ensemble des faits passés concernant l’Afrique, de la Préhistoire à aujourd’hui. Le terme « Afrique » désignait pour les Romains seulement la partie nord du continent. Les Africains étaient ceux qui croyaient en la déesse Ifri (déesse berbère), puis le terme a englobé tout le continent.

L’Afrique de l’Est est probablement le lieu où l’espèce humaine est apparue, il y a environ 2,5 millions d’années. Par la suite, des peuples se formèrent, se développèrent, et se répartirent sur le territoire africain. Vers la fin de la Préhistoire, le Sahara, qui était alors formé de grands lacs, devint aride et « coupa » l’Afrique en deux. L’histoire de l’Afrique du Nord fut alors mêlée à celle de la mer Méditerranée, et l’Afrique subsaharienne se développa de son côté.

L’histoire de l’Afrique connaît les mêmes trois grandes « révolutions techniques » que le reste de l’histoire mondiale, chacune d’elles bouleversant profondément les modes de vie antérieurs :

L’Afrique du Nord, berceau des berbères fut tour à tour sous l’emprise des Phéniciens (notamment avec le comptoir de Carthage au nord-est de l’actuelle Tunisie) au Ier millénaire avant notre ère, des Romains, et des Arabes. Aujourd’hui, l’Afrique du Nord est majoritairement musulmane. Mais l’Afrique du Nord a aussi été l’objet de la colonisation.

En Afrique sub-saharienne, se sont développés des empires et des royaumes médiévaux. Certains, essentiellement au nord du 10e parallèle, seront islamisés à partir du viie siècle. Pour finir, l’Afrique fut l’objet de colonisation au xixe siècle et se décolonisa progressivement de 1910 à 1975.